J’y crois, j’y crois pas — Les ravages du doute

Qu’est-ce que croire ?

Selon un dictionnaire d’usage courant, le premier sens de croire, c’est « tenir quelque chose pour vrai, l’admettre comme une certitude, en être persuadé, convaincu ». Il s’agit donc de prendre quelque chose à un moment donné et décider ce que cette chose est, ce qui est vrai à son sujet. Sur la base de quoi ? Rien. C’est un choix arbitraire, éventuellement basé sur des sentiments, des points de vue bien établis dans la société, des envies que telle chose soit vraie, ou pour suivre le mouvement familial, culturel, religieux ou national.
Ainsi, au fil de la vie, nous construisons une toile de croyances qui nous procurent des points de référence, des bornes qui jalonnent notre route, des repères qui nous confortent dans nos choix : « Ouf, j’ai fait le bon choix ! » Nous le faisons probablement à partir d’un besoin de certitude et de se débarrasser du doute. Mais ce chemin, cette vie produite par vos croyances correspond-elle à ce que vous espériez créer ? En êtes-vous pleinement satisfaits ?

Et le doute ?

Pour revenir au dictionnaire, le doute, c’est : « l’état de quelqu’un qui ne sait que croire, qui hésite à prendre parti. » Et voilà, la boucle est bouclée. Comme nous doutons, nous choisissons de croire telle ou telle chose ou personne. Prendre parti, c’est choisir son camp, et il faut choisir le bon ! Rien à voir avec votre savoir donc.
Pourquoi nous accrochons-nous si souvent à des croyances ? Justement, parce qu’elles font fi du doute, un peu comme on cache la poussière sous le tapis ! Elles nous procurent une illusion de stabilité, de solidité, un faux sentiment de sécurité, un repère auquel se raccrocher quand plus rien ne va. Pourquoi une illusion ? Parce qu’à aucun moment une croyance n’est en prise directe avec votre véritable savoir profond ni avec ce qui est vrai pour vous.

De croire à savoir

Pensez à ces moments de votre vie, ou en choisissant quelque chose, vous saviez au plus profond de vous-même que ce choix serait déterminant. Vous n’en connaissiez probablement pas la forme concrète, mais vous saviez. Ce n’était ni un bon, ni un mauvais choix, mais un choix qui allait créer une différence.
Ou bien, à ces moments, où vous répondez très spontanément à une question avec assurance et puis vous vous demandez : « Mais d’où j’ai sorti ça ? »
Vous saviez. Hélas, le dictionnaire de base range « savoir » pas très loin de « croire ». Beaucoup trop près en fait. Il faut retourner à des dictionnaires plus savants, plus proches de l’origine du mot pour découvrir que celui qui sait est une « personne douée de conscience ».
Savoir est donc quelque chose de, disons, viscéral, non rationnel et qui s’avère pourtant toujours exact.

Pourquoi est-ce si difficile de croire en soi ?

Il est parfois si difficile de croire en vous, parce que croire en vous est basé sur une longue série de jugements de vous, d’opinions sur vous que vous avez achetés de vos parents, de vos professeurs, et souvent, le tableau penche plutôt en votre défaveur. Vos points de vue ont créé une réalité de vous qui ne vous pousse pas vraiment à croire en vous.
Vous êtes constamment dans le doute, ce poison qui vous aveugle et vous amène toujours à vous amoindrir, à vous stresser, à vous paralyser. Combien d’énergie dépensez-vous à douter de vous ?

Quoi d’autre est possible ?

Que choisiriez-vous si vous ne doutiez pas de vous ? Auriez-vous le même travail ? Les mêmes revenus ? Habiteriez-vous au même endroit ? Fréquenteriez-vous les mêmes personnes ?
Prenez un instant et imaginez : vous vous sentez bien, vous êtes joyeux, vous n’avez aucun doute dans votre monde, vous êtes plein d’idées, elles vous enthousiasment (pas l’ombre d’un doute sur la réussite de l’entreprise ou votre capacité à y parvenir), vous êtes prêts à vous tromper (le cas échéant, vous choisirez simplement autre chose), vous ne vous souciez jamais de ce que pensent les autres à votre sujet, vous n’écoutez que votre cœur et ce que vous désirez vraiment créer. Rien ne peut vous arrêter. Vous avez ça ? Comment est votre vie ?
Le savoir ne recourt pas à la pensée, le savoir ne laisse aucune place au doute. Le savoir est en prise directe avec l’Univers, avec la conscience. Demandez : « Qu’est-ce que je sais ? » chaque fois que vous voyez poindre le doute.

Pour aller plus loin

Vous pourriez lire : Vivre au-delà des distractions de Gary Douglas et du Dr Dain Heer, où un chapitre entier est consacré au doute et à comment le dépasser.